Mercredi 9 septembre 2009
Bonjour à tous mes amis,
Je suis encore sous le choc de la mauvaise nouvelle apprise hier selon laquelle je dois continuer la chimiothérapie pendant au moins huit cures, soit vingt-quatre
semaines. Cette nouvelle est en totale contradiction avec ce que le spécialiste m'avait dit lors de notre dernière entrevue. Les résultats du dernier scanner étaient excellents et on devait
passer à un traitement dit de consolidation, nettement moins destructeur et contraignant. J'étais heureux à la perpective de retrouver une vie presque normale avant la fin de l'année. Je suis
maintenant déchiré entre tristesse et colère et je ne comprends pas. Quelques jours encore pour "digérer" ce que je considère comme une faute professionnelle de la part du médecin et je
demanderai ensuite des explications...
Au cours de mes soins, j'ai eu de nombreux témoignages de personnes qui ont été choquées par les propos ou le comportement de leur praticien. On peut essayer d'être
compréhensifs à leur égard, ils ne font pas un métier facile, mais il arrive trop souvent que ça dépasse les bornes. En ce qui me concerne, c'est depuis le début de l'année que ça ne va pas. Mon
oncologue m'a annoncé au cours d'un examen de routine que le dernier scanner montrait nettement le retour du lymphome par quatre foyers suspects. Mais ensuite on n'a rien fait (voir anciens
articles catégorie cancer) et je suis resté le cul entre deux chaises pendant des mois (4) sans aucune explication, sans aucun soutien moral. Apprendre la rechute est un moment très difficile, se
sentir abandonné à ce moment-là est proprement inadmissible. Lorsque le médecin m'a annoncé (enfin) que nous allions reprendre la chimio au mois de mai, c'est avec satisfaction que j'avais
accueilli cette nouvelle, pourtant pas très réjouissante en soi, mais on allait enfin se battre. Seulement voilà, le mal était fait, j'ai été fortement déstabilisé psychiquement. Si la chimio
s'est mal passée ensuite, je reste persuadé que c'était en grande partie à cause de mon mauvais moral. La confiance que j'avais envers le docteur en a été aussi fortement remise en cause. Tout
ceci est très grave et n'a pas lieu d'être car ce n'est qu'une suite de maladresses impardonnables.
Le résultat est qu'aujourd'hui, moi qui suit si patient et combatif, je ne supporte plus les longues séances de chimio. Au mois de juillet, j'ai eu une attaque de
panique et à ma demande, on m'a fait une perfusion de Valium pour me calmer. Rester plus de cinq heures dans un fauteuil ne me faisait pas peur mais je ne peux plus. Ce n'est pas moi qui a changé
mais la façon inhumaine dont on est soigné m'amène à la rupture.
On n'arrête pas de répéter que la médecine a fait de grands progrès mais qu'en est-il des médecins ? J'ose espérer que la Faculté prépare mieux les futurs acteurs
de la santé. Quand je vais voir mon médecin généraliste, une femme, c'est vraiment parce que je ne peux pas faire autrement. C'est que c'est loin d'être une partie de plaisir. Elle reçoit jusqu'à
cinq personnes dans un quart d'heure, c'est grave, c'est de l'abattage. Elle est énervée, n'écoute pas ce que je lui dis, me prend visiblement pour un hypocondriaque, mais le trait le plus
caractéristique est qu'elle ne soigne que mes symptômes. Pas le temps d'aller au fond des choses et de rechercher les causes profondes du mal.
Les spécialistes ont une autre tactique, elle consiste à ne considérer que votre maladie. Ce que vous pensez ne les intéresse pas, ce que vous dites pas beaucoup
plus, vous êtes un cas, un numéro. En cas de succès, on a vaincu une maladie, pas soigné une personne, nuance subtile mais oh combien frustrante pour le patient.
De nombreux témoignages d'amitié m'aident à garder le cap et je vous remercie tous ici publiquement. Je n'arrive plus à communiquer comme avant car j'ai du réduire
mes heures d'ordinateur. La chambre meublée que je loue pour me reposer depuis fin août est démunie volontairement de téléviseur et d'ordinateur. Normalement, j'aurais dû, à partir de la fin
juillet, faire un séjour en maison de repos mais c'est un luxe que je ne peux pas me permettre et je n'y tiens pas vraiment. J'ai un peu peur d'être coupé du monde pendant une période assez
longue. Je crains de souffrir du retour dans ce monde de dingues où je vis. La solution que j'ai adoptée me semble raisonnable. Je m'isole suffisamment pour récupérer un peu, à condition de ne
pas retomber dans le piège de l'hyperactivité et des addictions. Calme et solitude me font le plus grand bien. Sachez que même si je n'écris pas, je pense à tout le monde. Avec le remaniement que
j'effectue sur ma vie, les actions que je mène pour que ma mère ne soit plus à ma charge, je devrais obtenir des résultats en octobre. La liberté reconquise va me permettre de me consacrer
uniquement à moi et à mes amis de toutes natures, faire ce que j'aime et apprécier la paix de l'esprit retrouvée.
Par camyvon
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Publié dans : Cancer
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